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Nicolas Fleurier
Clinique FSEF Bouffémont
Publié le 21 août 2026 DOI : 10.21494/ISTE.OP.2026.1487
James Bond est-il, dans le corpus flemingien, un super-héros de bureau et de casino, ou un insulaire qui ne se cantonne pas aux îles britanniques ? Il évolue de lieux domestiqués en littoraux avantageux, se confrontant à des jardins dangereux, dans un espace narratif à caractère archipélagique où la naturalisation est récurrente. Il est amené à plusieurs reprises à se rendre en Jamaïque, terre de prédilection de son créateur, comme il se rend sur différentes îles fictives mais vraisemblables, peuplées au moyen de listes d’espèces tropicales. Lui-même est régulièrement comparé à un animal prédateur, et son rapport à la nature qui évolue en fonction des noeuds narratifs, est marqué au coin de l’utilité comme du respect. Ses antagonistes fréquemment animalisés, qui dominent souvent la nature pour y mourir, s’opposent à ses alliés féminins, qui renvoient presque tous à des espèces de fleurs. Mais la nature sert aussi à rendre son univers sensible au lecteur, comme à fournir des leviers narratifs ou des armes alternatives, et si cette nature est datée ou choisie, les récits font l’effet de porter un sous-texte environnementaliste.
In Fleming’s works, is James Bond an office-and-casino superhero, or an islander whose horizons extend beyond the British isles? He moves from domesticated settings to favourable coastal areas, encountering dangerous gardens, within a narrative space with an archipelagic character where naturalisation is a recurring theme. He finds himself travelling on several occasions to Jamaica, his creator’s favourite destination, just as he visits various fictional yet plausible islands, populating using lists of tropical species. He himself is regularly compared to a predatory animal, and his relationship with nature, which evolves in line with the narrative twists, is characterised by both usefulness and respect. His antagonists, who are frequently depicted as animals and who often dominate the natural world only to meet their end there, stand in contrast to his female allies, almost all of whom are associated with species of flowers. But nature also serves to bring the story’s world to life for the reader, as well as providing narrative devices or alternative weapons, and if this nature is outdated or carefully chosen, the stories give the impression of carrying an environmentalist subtext.