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ArtSci - ISSN 2515-8767 - © ISTE Ltd
La revue Arts et sciences présente les travaux, réalisations, réflexions, techniques et prospectives qui concernent toute activité créatrice en rapport avec les arts et les sciences.
La peinture, la poésie, la musique, la littérature, la fiction, le cinéma, la photo, la vidéo, le graphisme, l’archéologie, l’architecture, le design, la muséologie etc. sont invités à prendre part à la revue ainsi que tous les champs d’investigation au carrefour de plusieurs disciplines telles que la chimie des pigments, les mathématiques, l’informatique ou la musique pour ne citer que ces exemples.
The Arts and Sciences journal presents works, achievements, reflections, techniques and prospects that concern all creative activities related to the arts and sciences.
Painting, poetry, music, literature, fiction, cinema, photography, video, graphic design, archeology, architecture, design, museology etc. are invited to take part in the journal as well as all fields of investigation at the crossroads of several disciplines such as pigment chemistry, mathematics, computer science or music, to name but a few examples.
Volume 20- 4
N° Spé : Des sciences écologiques aux arts du paysageCet article explore la dynamique entre créativité humaine et créativité artificielle, en s’appuyant sur une ap-proche personnelle à la croisée de l’art et de la science, ainsi que sur le projet “Titan 2358”, une oeuvre hybride combi-nant art, science-fiction, histoire, philosophie et intelligence artificielle. La créativité humaine est analysée à travers les cadres théoriques de Margaret Boden (Nouveauté, Surprise, Valeur et Combinatoire, Exploratoire, Transformationnelle) et de Mark A. Runco (Personne, Processus, Produit, Potentiel). La Créativité Artificielle (AC, un concept forgé par Runco) est analysée par une intelligence artificielle en réponse à un très long « prompt » écrit d’après des recherches de l’auteur. Trois visions sont comparées concernant l’AC en général (c’est possible, ce n’est pas encore possible, c’est impossible). La discussion commente cette analyse et essaie d’expliquer pourquoi l’AC est impossible en utilisant la théorie d’Antonio Damasio qui souligne l’importance des affects, des émotions, des sentiments, de la conscience et de l’homéostasie dans le processus créatif. Ray Kurzweil contredit ce point de vue et affirme que les ordinateurs sont, ou seront bientôt, bien plus intelligents et créatifs que les humains. Mais un ordinateur peut-il décider de créer de l’art pour plaire à d’autres ordi-nateurs ou pour augmenter ses chances de survie ? Est-ce que l’AC peut être un outil révolutionnaire pour les artistes, tout comme le fut la photographie à une certaine époque ? En annexe, une conversation entre l’auteur et l’IA fournit des perspectives intéressantes sur la créativité humaine par rapport à la créativité artificielle.
En 1859, l’Origine des Espèces’ de Darwin a provoqué une révolution en biologie en offrant une explication à l’immense diversité des formes de vie. Toutefois, il n’expliquait pas l’origine de la vie sur Terre et n’évoquait aucune forme de vie primordiale susceptible d’avoir donné naissance aux espèces actuelles. Deux des plus fervents disciples de Darwin, Thomas Huxley et Ernst Haeckel, crurent avoir trouvé une réponse grâce à la découverte, faite par Huxley en 1868, d’un micro-organisme qu’il baptisa Bathybius haeckelii. Selon Huxley, il s’agissait des masses gélatineuse dépourvue de structure distincte tapissant les fonds marins ; pour Haeckel, elles résultait vraisemblablement d’une génération spontanée. Bien que largement saluée, cette découverte fut de courte durée : en 1875, il fut établi que ces masses gélatineuses, observées dans des échantillons de boue abyssale, n’étaient en réalité qu’un artefact lié à la conservation des prélèvements. L’hypothèse avancée ici est que le Bathybius fut accepté, ne serait-ce que pour quelques années, non seulement parce qu’il comblait une lacune perçue dans la théorie de Darwin, mais aussi, en grande partie, grâce aux illustrations de Haeckel le représentant comme une créature vivante ; c’est ce que montre la biographie illustré du Bathybius présentée ici.
Quelle relation existe-t-il entre l’étendue matérielle d’une couleur et l’effet qu’elle produit dans l’organisation perceptive d’un dessin ? Cet article examine cette question à partir d’une situation rencontrée dans ma pratique : une quantité très réduite de jaune modifie sensiblement l’équilibre que je perçois dans l ’ensemble d’un dessin. Cette observation devient le point de départ d ’une investigation conduite par la pratique. L’ajout, le retrait, la réduction puis le déplacement du jaune constituent une succession d’opérations permettant d’observer les variations de son action perceptive. L’expérience est mise en relation avec les recherches consacrées à la dépendance contextuelle de la perception chromatique et à l ’induction chromatique, ainsi qu’avec l’approche expérimentale de Josef Albers. Elle n’est pas présentée comme une expérience psychophysique et ne permet aucune généralisation à d’autres observateurs. Elle permet en revanche d’examiner comment un phénomène perceptif devient, au cours même du dessin, un instrument de décision et de connaissance. L’hypothèse explorée est que la pratique graphique peut produire une connaissance située de la perception lorsqu’elle rend observables les relations entre transformation matérielle, attention et décision qui accompagnent la construction d’une image.
Au-delà de ses aspects pratiques et fonctionnels, toute architecture procède fondamentalement d’une structure poétique qui convoque les faisceaux de relations sensibles, historiques et symboliques qui l ’ancrent dans un lieu, une histoire, une pensée, la mémoire d’un événement. La bibliothèque scientifique Hubert-Reeves, intégrée au nouveau campus MIL de l’Université de Montréal, n’y fait pas exception. En proposant une lecture personnelle et géopoétique de la bibliothèque, cet article tente d’élucider les trajectoires qui la relient à la pensée du célèbre astrophysicien - dont l’auteur est le fils - à ses valeurs, à son rapport au monde et à l’imaginaire du territoire québécois. Le campus MIL est ainsi abordé comme une architecture géophysique, déclinant un vocabulaire explicitement minéral fait de géodes, de topographies, de failles, de strates et de cristaux. Il semble émerger des imaginaires tectoniques qui traversent le territoire, esquissant une cartographie où se télescopent les échelles du local et du cosmologique, de l’éphémère et des temps immémoriaux. Les deux jardins de la bibliothèque, petits cratères arborés creusés dans un sol surélevé, deviennent des fragments transplantés du Mont-Royal, relief issu d’une remontée magmatique où s’étend le campus historique de l’Université. Ils constituent le coeur vivant et poétique du projet. La bibliothèque se lit alors comme une géologie du savoir : une strate souterraine où viennent se déposer et se transformer les connaissances issues des édifices cristallins qui la surplombent, à la manière de sédiments dont la fertilité prépare les récoltes à venir. Elle rend également perceptible une résonance, celle qui établit un couplage entre la pensée d’un être humain, un territoire et une architecture, par le regard sur le monde et le cosmos qu’il partage avec nous dans ses écrits. Un regard non pas extérieur, mais issu du coeur même des flux de matière et de mémoire auxquels, comme chacune et chacun d’entre nous, il doit son existence.
J’ai eu la chance de rencontrer Hubert Reeves (1932 – 2023) en 1965 lors de son arrivée en France et qu’il ait accepté d’être mon directeur de thèse. Hubert fut à la fois un scientifique, un vulgarisateur et un écologiste exceptionnel. Ce bref article évoque ses deux grandes découvertes en astrophysique nucléaire, à savoir l’origine des élèments légers (lithium, béryllium et bore) ainsi que celle des isotopes de l’hydrogène et de l’hélium et du lithium 7. Il expose aussi les façons adoptées par Hubert pour mener ses recherches et pour les populariser.
Cet article retrace la place essentielle de la musique dans la vie, l’oeuvre et les engagements d’Hubert Reeves. À partir de ses écrits, de ses collaborations avec des musiciens et des spectacles conçus avec l’auteure et son Ensemble Calliopée, il montre comment musique, science, poésie et transmission s’entrelacent dans une même expérience sensible du cosmos et de la nature.
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Sorbonne Université
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Ivan MAGRIN-CHAGNOLLEAU
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Joëlle PIJAUDIER-CABOT
Musées de Strasbourg
France
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Nicolas REEVES
Université du Québec à Montréal
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Bruno SALGUES
Institut Mines-Télécom
France
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Ruth SCHEPS
The Weizmann Institute of Science
Israël
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Hugues VINET
IRCAM, Paris
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Philippe WALTER
Laboratoire d’archéologie
moléculaire et structurale
Sorbonne Université Paris
France
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