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ROISI - ISSN 2634-1468 - © ISTE Ltd
L’objectif de la revue est de fournir un espace pour la publication de recherches francophones disciplinaires ou interdisciplinaires, méthodologiques ou appliquées autour de l’ingénierie des systèmes d’information. Les contributions ont pour but de formaliser la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des systèmes d’information. La revue vise à promouvoir et dynamiser des recherches stimulantes et de haute qualité dans les thématiques émergentes des systèmes d’information. La langue de publication est le français et, à titre exceptionnel, l’anglais.
Conseil scientifique
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Guillaume CABANAC
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Nadira LAMMARI
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The journal aims at providing a space for the publication of disciplinary or interdisciplinary methodological or applied French-speaking research, in the field of information systems engineering. The contributions formalize the design, implementation, and evaluation of information systems. The journal aims to promote and energize stimulating and high-quality research in the emerging themes of information systems. The language of publication is French and, exceptionally, English.
Scientific Board
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Guillaume CABANAC
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Nadira LAMMARI
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Ce numéro spécial de la Revue ouverte d’ingénierie des systèmes d’information est consacré à une sélection d’articles étendus issus de la conférence INFORSID 2025.
Depuis sa création, le congrès INFORSID (INFormatique des ORganisations et Systèmes d’Information et de Décision) constitue un rendez-vous majeur pour la communauté scientifique et industrielle travaillant sur les systèmes d’information. L’édition 2025 s’inscrivait dans une dynamique particulièrement actuelle, marquée par la thématique « Éthique, équité et systèmes d’information », reflétant les préoccupations croissantes liées aux impacts sociaux, organisationnels et environnementaux du numérique.
Comprendre le processus d’apprentissage en programmation constitue un défi complexe en raison de la nature séquentielle et multidimensionnelle des interactions des étudiants avec les environnements numériques. Cette étude analyse les journaux d’activité de 70 étudiants débutants en informatique, placés en situation de résolution de problèmes de programmation, afin de détecter les difficultés rencontrées et de proposer des interventions pédagogiques adaptées. Nous présentons une approche hybride combinant des Chaînes de Markov pour modéliser les transitions entre types d’actions, des Modèles Cachés de Markov (HMM) pour inférer les états latents d’apprentissage (progression, hésitation, blocage) et des Réseaux Neuronaux Récurrents (RNN) enrichis d’un mécanisme d’attention pour repérer les moments critiques. Cette combinaison permet d’exploiter simultanément les dimensions comportementale, cognitive et séquentielle de l’apprentissage. La méthodologie consiste à extraire des caractéristiques temporelles et structurelles des journaux d’activité, à modéliser les cycles d’exploration, d’hésitation et de blocage, et à les intégrer dans un cadre unifié pour prédire les états d’apprentissage. Les données proviennent de plusieurs sessions standardisées de travaux pratiques, totalisant plus de 80 MB de traces horodatées, collectées avec le consentement des participants et stockées dans une base NoSQL. Chaque session est divisée en séquences correspondant à des phases cohérentes de résolution de problème, permettant une analyse fine des trajectoires d’apprentissage.Les résultats expérimentaux montrent que le modèle hybride proposé surpasse les approches traditionnelles, et atteignant une précision de 93,5% et réduisant significativement les faux positifs dans la détection de blocages. L’analyse multidimensionnelle offre une compréhension plus riche des trajectoires d’apprentissage, y compris dans leurs dimensions invisibles telles que l’engagement non productif ou les phases de flottement.Cette recherche ouvre la voie à des plateformes éducatives intelligentes capables de fournir un feedback personnalisé en temps réel, sensible aux micro-indicateurs d’activité, à l’intensité cognitive et au contexte individuel, contribuant ainsi à une meilleure réussite et un engagement renforcé des étudiants.
La gouvernance des données et de l’information est une activité essentielle pour les organisations qui cherchent à exploiter les données comme un atout stratégique. Son objectif est de maximiser la valeur tout en minimisant les coûts et les risques. Dans cet article, nous présentons un cadre conceptuel pour la gouvernance des données et de l’information offrant une vue holistique enrichissant les cadres et modèles académiques et professionnels existants. En utilisant des techniques bibliométriques, nous analysons la littérature existante afin d’identifier les éléments clés de la gouvernance des données et de l’information, notamment sa structure intellectuelle, ses thèmes de recherche et les articles les plus influents qui en forment la colonne vertébrale (« backbone »). Nous comparons les sphères tant communes que spécifiques de la gouvernance de la donnée et de la gouvernance de l’information. Dans un deuxième temps, nous proposons un cadre conceptuel enrichi fondé sur la théorie des systèmes. Ce cadre englobe cinq dimensions primordiales : le but, la structure, les activités, l’environnement et le résultat. Il permet également de prendre en considération l’interaction entre ces dimensions. Afin d’illustrer ce cadre conceptuel, nous décrivons comment celui-ci a permis de structurer les questions d’un baromètre dédié à l’évaluation de la maturité de la gouvernance des données et de l’information dans les organisations. Nous présentons ensuite quelques cas d’usage, puis nous discutons des implications pour les chercheurs et les praticiens.
Ce travail examine la sécurité des Systèmes d’Information (SI) comme un pilier fondamental de la continuité et de la résilience organisationnelle. Face aux enjeux croissants liés à la responsabilité environnementale, l’approche du Vulnerability Management qui dépasse la seule dimension technique. L’étude propose d’intégrer le contexte métier et les priorités sectorielles dans la hiérarchisation des vulnérabilités, afin d’optimiser l’allocation des ressources et de réduire l’empreinte énergétique des opérations de remédiation. Nous suggérons une extension du modèle CVSS en y ajoutant des critères organisationnels ainsi qu’une analyse du chaînage des vulnérabilités. Cette approche est illustrée à travers des cas concrets (secteurs bancaire, hospitalier et web), montrant que la prise en compte du contexte modifie significativement les priorités de remédiation et favorise une sécurité du SI plus durable. L’objectif est de concilier sécurité, durabilité et maîtrise des coûts, en positionnant la gestion des vulnérabilités comme un levier stratégique pour une gouvernance responsable
du SI.
Dans le domaine de la propriété intellectuelle, les brevets sont des documents techniques et juridiques essentiels dont la rédaction requiert une expertise combinant des compétences techniques, juridiques et linguistiques. Les styles rédactionnels des brevets varient considérablement selon les domaines technologiques, juridictions et stratégies de protection. Cet article propose la conception de SCASB (Système de Caractérisation et d’Automatisation Stylométrique des Brevets), une approche unifiant pour la première fois les dimensions technique, juridique et stylistique dans un cadre informatique cohérent. Nous proposons une taxonomie bidimensionnelle des approches d’analyse de brevets (d’analyse automatique des documents × granularité d’analyse) et identifions les lacunes actuelles. Notre système se base sur l’évolution rapide des technologies de l’intelligence artificielle, particulièrement en traitement automatique du langage naturel (TALN). Ces travaux ouvrent la voie à une automatisation intelligente de la rédaction technique respectant les nuances stylistiques propres à chaque juridiction et stratégie de protection.
Ce numéro spécial de la Revue Ouverte de l’Ingénierie des Systèmes d’Information se consacre à la thématique « L’industrie culturelle face à la transformation numérique », un sujet central pour comprendre les évolutions récentes des pratiques, des organisations et des usages culturels à l’ère du numérique. La culture, qui englobe croyances, pratiques, normes, valeurs, traditions et connaissances partagées, façonne les interactions sociales et les modes de production et de consommation. La transformation numérique modifie profondément ces processus, en offrant de nouvelles formes d’accès, de consommation et de création culturelle
Cet article interroge les discours dominants sur l’intelligence artificielle générative (IAg) dans les industries culturelles et créatives, pour les confronter aux dynamiques sociales et économiques qui accompagnent son intégration dans les processus et les collectifs de travail. Trois mythes sont analysés : la disparition des métiers et des emplois, l’obsolescence des compétences et les gains de productivité. Dans une démarche pluridisciplinaire combinant expertise en IA, approche sociotechnique et analyse du terrain, nous montrons que la situation révèle des déséquilibres structurels davantage qu’elle n’en produit : la dégradation tendancielle des processus-métiers, la captation de la valeur et la déqualification en sont des illustrations parlantes. Nous mettons en lumière des usages réels qui tendent à reconfigurer ces technologies et proposons des pistes concrètes pour une réappropriation collective à travers l’autonomisation des acteurs, les laboratoires d’usage et le dialogue social technologique.
Dans cet article nous nous intéressons au système de recommandation du site de vidéo à la demande avec abonnement (SVOD) Netflix®, en prenant une double approche : le design, qui fonde notre questionnement sur la perception que l’utilisateur peut avoir sur les recommandations, et l’informatique, qui nous permet d’expliciter certains mécanismes génériques, déjà connus, des systèmes de recommandation. Pour cela nous nous concentrons sur l’influence que le choix des films et séries a sur les recommandations postérieures. Une de nos interrogations initiales porte sur le "démarrage à froid" du système et nous comparons, dans nos expériences, deux types de profil-utilisateur : l’un est ancien, alimenté depuis 7 ans, l’autre est créé pour l’occasion. Notre première expérience permet de mettre en avant le rôle crucial de la catégorisation des films - sur des critères de contenu, de popularité, ou d’exclusivité, par exemple. Ce travail nous a permis d’observer plusieurs éléments. Comme nous l’avions anticipé du fait de l’inertie des méthodes d’apprentissage, sur un profil récent l’expérience est très nettement plus visible que sur un profil ancien, et il est simple d’influencer par ses choix les recommandations. Ensuite, le nouveau profil reçoit beaucoup de recommandations génériques, puis très rapidement un peu contenu personnalisé qui peut être présenté dans différentes catégories. Enfin, la réversibilité du processus de recommandation est rapide sur le profil ancien, car quelques jours sans visionage permettent de faire disparaître les traces de l’expérience. Ces expériences nous ont en outre permis de nous interroger sur les catégories qui sont finalement très nombreuses, plus ou moins précises, et non disjointes en contenu. Cette observation nous oriente vers une réflexion à venir sur la construction des catégories dans l’organisation pratique du capitalisme de surveillance.
Cet article analyse les risques associés à l’utilisation d’agents conversationnels génératifs tels que ChatGPT pour l’accès aux connaissances scientifiques (et plus globalement techniques et médicales). Le développement du Web s’est en effet accompagné d’une évolution du processus de gatekeeping sous une forme algorithmique dont les intelligences artificielles génératives constituent le dernier avatar. Leurs limitations, et notamment les phénomènes d’hallucinations et de biais, sont cependant connues. Dès lors, ces agents conversationnels se révèlent-ils aptes à des tâches de médiation scientifique ? Leurs performances sont conditionnées aux caractéristiques de leur algorithme mais aussi de la disponibilité de données d’entraînement en quantité et de qualité. Or, l’accès à des contenus de sites de presse est régulièrement entravé par les éditeurs. Qu’en est-il pour les contenus scientifiques gérés par des éditeurs scientifiques commerciaux ? Les producteurs d’agents conversationnels génératifs doivent-ils se contenter de contenus de moindre qualité avec des conséquences dommageables sur la fiabilité des réponses ? Nous analysons dès lors les risques de mésinformation scientifique dus aux contraintes d’accès aux données. Nous discutons ensuite plus globalement ces risques, en cas d’usage en tant que médiateur scientifique, selon différents scénarios d’utilisation.
Les médias synthétiques produits par intelligence artificielle générative (IAG) ont rapidement inondé le Web, faisant planer un risque de préjudices culturels auquel il convient de remédier. Or le sujet des préjudices culturels pouvant découler de la dissémination de médias synthétiques n’a été que partiellement traité dans la littérature juridique. Ce travail vise à combler cette lacune en proposant une exploration des implications juridiques des médias synthétiques, dès lors qu’ils rendent plus probable la survenance de préjudices culturels. A cette fin, le concept-clé de préjudice culturel ainsi que le rôle occupé par les droits culturels et le principe de diversité culturelle dans sa détermination feront l’objet d’une première analyse. Seront ensuite abordés les manières dont les médias synthétiques peuvent entraîner des préjudices culturels et les conséquences juridiques potentielles. Il sera ainsi démontré que bien que le droit international prévoie des mécanismes permettant la prévention des préjudices culturels, peu de moyens permettent une réelle prise en compte des spécificités des médias synthétiques culturellement préjudiciables.
Comité de rédaction
Rédactrice en chef
Isabelle COMYN-WATTIAU
ESSEC Business School
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Rédacteurs en chef adjoints
Christine VERDIER
Université Grenoble Alpes
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Olivier TESTE
IRIT, Université de Toulouse
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