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Cet article analyse les déterminants ainsi que les complémentarités existant entre les innovations de produit et de procédé. La méthodologie repose sur un modèle Probit Bivarié, estimé à partir d’un échantillon de 603 entreprises formelles sénégalaises hors secteur agricole. L’unique facteur exerçant une influence conjointe sur l’adoption des innovations de produits et de procédés est l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), notamment par la possession d’un site web. La performance organisationnelle et la localisation à Dakar exercent une influence significative exclusivement sur l’adoption des innovations de produit. En revanche, l’intensité concurrentielle et la localisation géographique septentrionale exercent une influence exclusive sur l’adoption des innovations de procédé. Néanmoins, une complémentarité est observée entre les deux catégories d’innovation.
Cet article analyse les dynamiques et les défaillances systémiques de trois filières sénégalaises, le cuir, le fonio et le Maad (Saba senegalensis) au prisme de l’approche filière issue de l’école française d’économie industrielle. En mobilisant une démarche mixte combinant 591 questionnaires et 32 entretiens semi-directifs dans les régions de Thiès, Ziguinchor et Tambacounda, l’étude examine les trois dimensions analytiques de chaque filière, technique, financière et socio-économique, et les défaillances systémiques qui en limitent le potentiel de développement. Les résultats révèlent trois configurations de filières contrastées et trois contributions : l’innovation peut exister en l’absence d’encadrement institutionnel ; le genre structure les bases de connaissances sectorielles ; et les institutions souffrent d’une invisibilité fonctionnelle qui les déconnectent des acteurs qu’elles sont censées accompagner ; des défaillances de même nature produisent des trajectoires de filières contrastées selon leur intensité et leur combinaison. Ces apports enrichissent l’analyse de filière appliquée aux pays les moins avancés.
L’importance de la vulgarisation agricole est largement documentée. Elle est particulièrement mobilisée pour le développement économique de pays comme Haïti, où une part importante de la population travaille dans l’agriculture. Cependant, elle reste peu documentée en Haïti. Dans cette étude empirique, nous avons analysé un large échantillon de 1 374 ménages agricoles afin de déterminer si l’accès à la vulgarisation agricole a contribué à améliorer leur situation socio-économique. Selon nos résultats, 32.0 % de l’échantillon ont eu accès à la vulgarisation agricole au cours des cinq années précédant l’enquête. Les principaux facteurs associés à cet accès étaient la localisation, la formation agricole, l’utilisation du téléphone, ainsi que l’inclusion financière et sociale. Les ménages agricoles ayant bénéficié de la vulgarisation agricole étaient moins touchés par l’insécurité alimentaire que ceux n’ayant pas accès à ces innovations ou à ces informations. De plus, cet accès a permis aux agriculteurs d’accroître leurs revenus (tant agricoles que totaux). L’étude recommande au gouvernement de mettre en place des politiques encourageant la vulgarisation agricole auprès des agriculteurs, en faisant attention au type d’innovations proposées. Les programmes de vulgarisation agricole devraient valoriser les TIC, comme l’utilisation du téléphone, et cibler les zones marginalisées.
Cette recherche analyse les déterminants de l’innovation frugale dans les entreprises informelles du Burkina Faso. La démarche méthodologique adoptée est quantitative et s’appuie sur des données collectées auprès de 405 entreprises réparties sur l’ensemble des treize régions du pays. Ces données ont été traitées par une analyse en composantes principales (ACP) et une régression linéaire multiple. Les résultats mettent en évidence la prédominance des facteurs psycho-cognitifs du propriétaire-dirigeant comme moteur principal de l’innovation. Si l’environnement immédiat exerce également un impact notable, bien que plus modéré, l’étude révèle paradoxalement que la politique gouvernementale n’influence pas de manière significative la propension à innover dans les entreprises du secteur informel. Ce constat valide la théorie de l’auto-organisation du secteur informel et confirme l’importance des modèles de proximité. Il souligne une forme de résilience entrepreneuriale capable de s’affranchir des carences de l’appui institutionnel. Cette recherche invite les entrepreneurs à capitaliser sur leur agilité et leurs réseaux locaux. Elle invite également à une rupture des politiques publiques actuelles afin de passer d’un soutien formel complexe à un appui technique de proximité et créer des “ zones franches d’innovation frugale” aux contraintes réglementaires allégées.