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Vol 4 - Numéro 1

Science, Technologie, Développement


Liste des articles

Le fleuve Niger à l’épreuve de la pollution plastique et ses impacts sur l’agriculture à Faranah (République de Guinée)
Mata Mamoudou KALLE, Ibrahima BARRY, Mabetty TOURE, Mamby KEITA

Les plastiques posent un problème environnemental très préoccupant à Faranah, car leur production augmente jour après jour et les solutions pour les gérer restent insuffisantes. Ils continuent d’envahir les rues, les espaces publics pour s’agglomérer autour des voies d’assainissement, ou se voir transportés par le vent et charriés par le ruissèlement des eaux des caniveaux vers le cours d’eau du Niger. Cette étude présente un état des lieux de la pollution plastique du fleuve Niger et les impacts sur la qualité de l’eau, les écosystèmes aquatiques et les activités agricoles. Pour y arriver nous avons réalisé les enquêtes, l’observation directe et les essais expérimentaux. Les 8374 ménages de Faranah produisent une quantité totale de 36 500 Tonnes/ans de déchets ménagers dont les plastiques représentent 20% soient 7300 Tonnes/ans ou approximativement 20 Tonnes/jour ou 0,4Kg/jour/habitant. Les sachets plastiques issus des industries de production et vente d’eau potable représentent 55 % et les emballages 23%. Ces déchets plastiques sont très mal gérés : 75% sont jetés dans les dépotoirs sauvages dont 40% échouent sur les berges et dans le lit du fleuve Niger. Il en résulte comme corolaire une potentielle pollution de l’eau du fleuve Niger avec la présence de métaux lourds, de bactéries, de parasites, de et de champignons ; une teneur élevée de matières en suspension (MES) en moyenne 4140,33 mg/l ; un PH qui varie entre les extrêmes 7,5 à 8,2. Cette pollution plastique à entrainer la perte de la biodiversité, le remplissage du lit du fleuve, la diminution considérable du débit, les inondations persistantes. Sur l’agriculture nous avons observé la diminution de 12% des superficies agricoles, les difficultés de germination, inhibition de la photosynthèse, empêchent l’infiltration et baisse de rendement.


Intégration des techniques et matériaux de construction endogènes dans des institutions de connaissances en Afrique de l’Ouest francophone
Sokhna R. NDIAYE, Pape M. KANE, Alyssa K. BARRY

Cette étude examine l’intégration des savoirs et pratiques endogènes dans les curricula des institutions de connaissance en Afrique de l’Ouest francophone, en se référant à l’architecture et aux matériaux de construction. Reconnaissant une dualité entre modernité et tradition, notre recherche adopte une approche qualitative, combinant analyse de la littérature, entretiens avec des professionnels du domaine et études de cas. Nous mettons en évidence la richesse des savoirs traditionnels et leur potentiel à enrichir les sciences de l’architecture contemporaine et les techniques de construction ; tout en reconnaissant les obstacles à leur intégration liés à des structures éducatives, des perceptions de la science, du développement et de la notion de modernité hérités en grande partie de l’Occident. Ces barrières se manifestent également sous forme de politiques éducatives inflexibles, une dévaluation des savoirs locaux, et une certaine résistance au changement au sein des institutions académiques. Il ressort une prise de conscience croissante de la nécessité d’intégrer les savoirs endogènes dans ce secteur pour favoriser le développement durable et l’innovation. Cela suggère une réévaluation des programmes et des curricula en associant les connaissances endogènes aux défis contemporains. Il est crucial que les institutions de connaissance reconnaissent la complémentarité entre les approches endogènes et les technologies contemporaines. Ceci permettrait de former une génération techniquement compétente mais également culturellement sensible, prête à puiser dans ces savoirs endogènes pour imaginer des solutions adaptées aux réalités locales. En définitive, la mise en oeuvre de programmes réformés enrichira le discours architectural et encouragera la création d’espaces qui reflètent un engagement envers la durabilité et la pertinence culturelle. Notre discussion met en perspective ces dynamiques et propose des pistes pour une intégration efficace des savoirs endogènes dans la formation et la pratique professionnelle, en vue de promouvoir un développement architectural qui soit culturellement riche, écologiquement durable et économiquement viable.


Essai de la culture de spiruline biologique Arthrospira platensis à la ferme Masoandro d’Amborovy dans la commune urbaine de Mahajanga Madagascar
Benjamin Christian RAMILAVONJY RAMIANDRISOA, Herimampihonona Patrick RAZAKAMANITRA, Rivoharinala RASOANARIVO, Hery Lisy Tiana RANARIJAONA

La conception de la culture biologique de la spiruline de l’espèce Arthrospira platensis se base sur l’étude et l’emploi d’intrants véritablement. L’objectif de cette étude est de relever le sujet utopiste sur la spiruline biologique, en utilisant d’une part l’apport d’intrants majoritairement organiques, une agriculture éthique responsable des normes environnementales rigoureuses et d’autre part une approche systémique et éthique en algo-écologique positive. Pour la méthodologie de l’expérimentation, deux bassins de 4m3 de chaque ont été utilisés dont l’un pour la culture conventionnelle en utilisant les intrants chimiques et l’autre pour la culture de spiruline biologique en utilisant le purin de ricin de plante et l’infusion de la peau de bananes. D’après les résultats, 688 g et 348 g ont été récoltés respectivement pour la culture conventionnelle et la culture biologique de la spiruline lors d’une première récolte. Lors d’une observation microscopique, la culture conventionnelle a une croissance rapide qui présente une spiruline de structure serrée. Tandis que celle de biologique est lente avec une structure décalée. Les paramètres physico-chimiques ne différent pas significativement. En comparant les deux milieux, la culture conventionnelle est plus riche en intrants que la culture biologique en observant le manque de carbone, une source nutritive pour le développement de la spiruline. Bref, la culture de spiruline biologique est une meilleure source alimentaire complète d’antioxydants, riche en protéine d’origine végétale. Il fournit un bénéfice médical incluant la prévention et le traitement des maladies. Elle participe aussi à la séquestration du carbone atmosphérique et une source de devise.


La cartographie : revue historique et l’apport du savoir-faire Africain
Fabrice TEUGUIA

La cartographie remonte à des millénaires, lorsque les premières civilisations ont commencé à dessiner des cartes rudimentaires pour naviguer, établir des frontières, gérer des territoires et représenter des phénomènes naturels. Avec le temps, la cartographie est devenue de plus en plus sophistiquée grâce aux avancées technologiques et scientifiques. Cet article présentera les principales étapes de l’évolution de la cartographie et fera ressortir les tendances, les facteurs clé et les changements significatifs qui ont eu lieu au fil des ans. Etant donné que la cartographie africaine ait souvent été marginalisée dans les récits historiques dominants, nous mettrons en lumière l’importance de reconnaître les savoirs faires existants depuis la préhistoire au sein des civilisations africaines dans la représentation de leur territoire. Ce faisant, nos travaux fourniront une analyse critique du passé afin d’éclairer le présent et de guider les futures recherches et actions dans le domaine en prenant en considération les pratiques des populations africaines.


Action environnementale pour atténuer les menaces des ressources forestières d’Ankilahila, commune rurale de Betsako, région Boeny Madagascar
Benjamin Christian RAMILAVONJY RAMIANDRISOA, Tatiane RAZAFINDRAZANDRY, Rivoharinala RASOANARIVO, Hery Lisy Tiana RANARIJAONA

Madagascar est une île extraordinaire due à sa richesse spécifique dont le taux d’endémicité spécifique s’élève à 96%. Cependant, des zones forestières sont encore peu connues alors qu’elles sont menacées. Tel est le cas des écosystèmes d’Ankilahila, forêt sèche littorale et mangrove, dans la Commune Rurale de Betsako. Notre objectif est d’évaluer les pressions anthropiques qui y pèsent et apporter les solutions pour qu’il y ait résilience écologique. De ce fait, un inventaire suivi de relevés écologiques par la méthode de transect linéaire de Duvigneaud et de placeaux de Braun-Blanquet sur une superficie de 500 m², ainsi que des enquêtes ont été faits. Ainsi, 62 espèces réparties dans 42 familles et 07 espèces réparties dans 05 familles ont été inventoriées respectivement dans la forêt sèche et la mangrove d’Ankilahila. Sur les forêts littorales sèches, les feux (30%), le défrichement (6%), la coupe (19 %), la chasse et le braconnage aux oiseaux et aux lémuriens (5%), le prélèvement des produits forestiers secondaires (9%) (Raphia, plantes à tubercules et miel) ont été trouvés. En ce qui concerne la mangrove, la coupe des bois de palétuviers (11%), la pêche illicite (5 %) ; la chasse aux oiseaux et le prélèvement illicite de crabe Scylla serrata (7 %) sont les pressions majeures sur mangrove. Les actions environnementales déjà mises en place sont le tatak’afo ou pare-feu, la surveillance par les villageois et l’application du Dina. En outre, il est important de maintenir la relation entre la conservation de la biodiversité et le développement économique, social et bien-être matériel et culturel du peuple.


Inventaire biologique des zones littorale et marine d’Ambanjabe, dans la nouvelle aire protégée Antrema, commune Katsepy region Boeny Madagascar
Benjamin Christian RAMILAVONJY RAMIANDRISOA, Stella Marys LOVASOA SCHOLASTIQUE, VAVINDRAZA, Rivoharinala RASOANARIVO, Hery Lisy Tiana RANARIJAONA

Les zones côtières de Madagascar sont constituées de milieux naturels parmi les plus riches de la région de l’Océan Indien. Une étude sur l’inventaire biologique de zone transfert de gestion des ressources naturelles marines d’Ambanjabe dans les écosystèmes côtier et marin a été effectuée. Notre travail a pour objectif de savoir la répartition, l’abondance voire les menaces pesant sur ces biodiversités afin de donner une alarme en vue de prendre une décision immédiate à propos de la gestion de cette zone. Mais, ces écosystèmes subissent une dégradation continue d’origine anthropique avec une liaison étroite de la croissance démographique. Comme hypothèse, la zone Ambanjabe est un site riche en biodiversité suite à un transfert de gestion entre la communauté locale de base, la commune et le service des Eaux et Forêts. Les méthodes appropriées sont diverses : enquêtes, mise place du transect, placeau et relevé et analyse factorielle des correspondances (AFC). Pour les résultats, 43 espèces ont été recensées dans le milieu marin dont 23 sont floristiques et 20 faunistiques. Les familles dominantes sont respectivement Fucaceae et Carangidae. Concernant l’étude sur l’écosystème côtier, 14 espèces ont été inventoriées dont 7 sont floristiques et 7 faunistiques dominées par les deux familles Rhizophoraceae et Ocypodidae.


Une Seule Santé comme axe de construction d’un Système Intersectoriel d’Innovation (S.I.I.) au Cameroun
Vanessa Casadella, Gérard de la Paix Bayiha, Sofiane Tahi

L’approche par les Systèmes d’Innovation (S.I) a été largement mobilisée depuis la fin des années 1980 et a connu pléthores terminologies appropriées aux terrains visités. Cette approche a, à la fois permis de saisir la nature des interactions inter-institutionnelles entre parties prenantes d’un système et a influencé les politiques publiques d’innovation en termes d’instruments pertinents. L’approche en termes de S.I est dupliquée sur de nombreuses échelles territoriales (régionales, locales, nationales) ou encore sectorielles. Néanmoins, aucune proposition intersectorielle n’a été réalisée au sein de cette approche. Nous interpellons ainsi le concept d’une Seule Santé pour pouvoir proposer un Système Intersectoriel d’Innovation dans le cadre du Cameroun. Une Seule Santé représente un cadre d’analyse intégrée connectant les animaux, les plantes et leur environnement. Une Seule Santé peut ainsi représenter un axe potentiel de construction d’un nouveau Système Intersectoriel d’Innovation par une meilleure coordination interministérielle et intersectorielle. En cela, nous verrons comment il peut être intégré comme outil de politique publique intersectorielle, tout comme inséré dans ce nouveau système d’innovation au Cameroun.


Evolution mensuelle de la production des captures après l’ouverture de campagne de pêche industrielle crevettière 2021 : cas des zones B et C1 nord-ouest de Madagascar
Benjamin Christian RAMILAVONJY RAMIANDRISOA, Ralay Herizo RAZANADRALAHATRA, Bien Aimé RAKOTONDRATSIMBA, Dina RAKOTONIRINA, Rivoharinala RASOANARIVO, Hery Lisy Tiana RANARIJAONA

Madagascar bénéficie, dans certaines régions littorales, de conditions particulièrement favorables aux crevettes pénéides. L’objectif global de la recherche est d’évaluer la production des captures de la pêche industrielle crevettière durant les quatre premiers mois dans la zone B et la zone C1 de la campagne 2021. Et les objectifs spécifiques de cette étude sont de mettre en évidence l’évolution des captures, des Captures par Unité d’Effort (CPUE) et l’effort de la pêche industrielle et aussi de mettre en exergue la composition spécifique des captures et l’abondance de chaque espèce capturée. Pour la méthodologie, des observations sur terrain, à bords de bateaux, ont été faites dans la zone de pêche B et la zone C1. De ce fait, cinq espèces de pénéides sont ciblées comme Metapenaeus monoceros, Fenneropenaeus indicus, Penaeus semisulcatus, Penaeus monodon et Marsupenaeus japonicus et les autres crevettes mixtes. La production mensuelle entre Avril et Juillet 2021 dans les deux zones étudiées varie de 17529 à 32788 kg dans la zone B et de 12402 à 24819 kg dans la zone C1. Tandis que la variation de la capture moyenne par unité d’effort (CPUE) est respectivement de 397,74 à 2127,21 kg/h dans la zone B et de 520,84 à 2459,73 kg/h dans la zone C1. L’abondance des captures des espèces varie de 43% zone B et 45% zone C1, de Metapenaeus monoceros et de 3% zone B et 2% zone C1, de Penaeus monodon. Néanmoins, le présent document va donner plus d’indice sur l’état du rendement des captures par rapport à la pression exercée dans les zones de pêche durant plusieurs décennies.


Les contingences africaines et la Singularité de l’Intelligence Artificielle : les contretemps
Wendgoudi Appolinaire BEYI

La théorie de l’action sociale s’inscrit dans une théorie générale de Tallcot Parson qui enrôle dans notre débat une construction unilatérale d’un système social englobant ou dans les pratiques, un mode de vie dans des environnements de plus en plus partagés. La Singularité de l’Intelligence Artificielle est une prospective d’un environnement humain substitué par un environnement modélisé, faisant de l’agir Artificiel un moteur de la conscience de l’humanité. L’institutionnalisation d’une Afrique homogène imaginaire fait l’épreuve de la diversification culturelle consolidée dans la réalité du quotidien. Le contretemps apparait comme l’existence d’un paradoxe entre l’appropriation de l’environnement de l’agir conscient par l’environnement de l’agir des algorithmes dans lequel l’Afrique est absente. Nous pouvons interroger aussi cette absence au niveau de son alignement dans un monde intégré, avec certes un modèle unilatéral, mais performant.

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